Portrait de Catherine Frachisse, autrice du projet My Veganism

Catherine Frachisse

Comprendre ce qu'est vraiment le véganisme. Se former pour transmettre. C'est ainsi que commence le monde végane de demain.

« Le processus est destiné à ceux d'entre nous qui souhaiteraient que les autres changent et réagissent favorablement, mais à la seule condition qu'ils le fassent de leur plein gré et du fond du cœur. »

— Marshall Rosenberg

Le projet

Ce site s'adresse à toute personne qui s'intéresse aux animaux et qui souhaite réfléchir à la relation que nous entretenons avec eux.

Que vous ayez douze ou quatre-vingt-douze ans, que vous soyez déjà familier avec le véganisme ou que vous le découvriez, vous trouverez ici des ressources pour vous informer, vous questionner, approfondir votre réflexion et vous exprimer.

N'hésitez pas à me faire part des remarques ou des questions que ce site vous inspire, dans la rubrique .

Présentation du projet

Son origine

Il y a neuf ans, une vidéo a bouleversé mes certitudes. Je venais de comprendre que je faisais des victimes, quotidiennement. Je n'avais jamais vu la chose sous cet angle et j'étais horrifiée. Ça ne me correspondait pas. Pas du tout.

Cette vidéo était « le discours le plus important de votre vie » de Gary Yourofsky. Gary était un activiste végane américain, devenu populaire grâce à cette conférence. Son discours passionné m'avait immédiatement touchée et je suis devenue « végane » dès ce moment.

Je souhaitais partager cette nouvelle incroyable autour de moi mais je ne trouvais pas d'écho. Et surtout, je ne savais pas argumenter.

Je me suis documentée via des conférences, des entretiens, des livres sur le sujet. Il était beaucoup question de nourriture, de santé et de raisons écologiques. Mais plus je réfléchissais au sujet, plus les arguments s'additionnaient et se complexifiaient. J'allais devoir devenir incollable en écologie ou en nutrition pour défendre la raison d'être du véganisme devant mes amis. Au fond, je sentais que quelque chose clochait. Le véganisme était pour moi une évidence et il devait pouvoir se formuler clairement. Cette formulation désirée m'échappait.

En réalité, il me manquait une pièce maîtresse : la dimension éthique du véganisme. J'allais la découvrir en 2024 suite à ma rencontre avec Jérémie Lopez sur les réseaux sociaux.

Jérémie était activiste végane depuis l'âge de 23 ans. Il vouait sa vie à la défense des animaux. J'ai commencé par la lecture de ses livres : le Guide du Véganisme et le Guide de l'Activisme Végane.

J'ai tout de suite ressenti un changement de perspective et un recentrage qui donnaient tout son sens au véganisme. Je venais de découvrir son principe éthique fondateur. En vérité, jusque là je pratiquais le véganisme, mais je n'avais pas encore perçu sa dimension morale profonde. Ce qui était confus devenait limpide.

Maintenant, je comprenais vraiment l'injustice de l'oppression que vivent les animaux par notre faute. J'en voyais les raisons, et surtout je réalisais que je ne pouvais rester inactive.

Jérémie m'a proposé de l'accompagner dans son projet « construire un monde végane ». Il avait développé une approche d'éducation végane que je trouvais puissante. Il m'a formée à sa méthode. Une compréhension juste du véganisme, débarrassée de ses pièges, m'apparaissait enfin. Mon regard avait définitivement changé.

Il s'agissait d'adopter un point de vue différent, un véritable changement de paradigme.

Petit à petit, durant deux années, ma vision du véganisme s'est clarifiée. Les arguments non véganes qui me semblaient auparavant insurmontables s'effaçaient.

La lecture des livres avait été un déclencheur : j'avais perçu clairement la nécessité d'utiliser ma voix pour les animaux et je ressentais la puissance de l'approche proposée. Jérémie avait mis une dizaine d'années à élaborer et formaliser son approche éducative. Pendant deux années, il me l'a transmise. Je peux maintenant à mon tour la mettre en œuvre. J'ai pu en expérimenter sur le terrain la justesse et la puissance.

Aujourd'hui, je lance mon propre projet pour diffuser à mon tour ce que j'ai appris. Les bonnes volontés ne suffisent pas. Construire un monde sans exploitation animale requiert un travail rigoureux. Ce travail est aussi exigeant qu'il est passionnant.

Son objectif

Comprendre le véganisme.
Affiner notre pensée pour défendre les animaux sans jamais les trahir.

Pour qu'un jour les animaux soient enfin libres de l'oppression des humains, un changement dans notre relation avec eux doit s'effectuer. Pour cela, nous devons nous attaquer à la racine de l'exploitation des animaux. Cela s'apprend.

Vous trouverez ici des ressources éclairantes sur le sujet et des outils pédagogiques pour vous approprier à votre rythme le message éthique.

Tout ce qu'il vous faudra, c'est être sincèrement motivé pour les animaux et ouvert au changement. En toutes circonstances, une attitude respectueuse sera exigée.

Les fondements de ma démarche

  • Agir sur ce qui est en notre pouvoir : nos propres pensées, paroles et actions, pour être les meilleurs défenseurs des animaux ;
  • Nous mettre en action pour inspirer en informant, en expliquant, sans dévaloriser ni attaquer les personnes ;
  • Faire confiance en la capacité de changement qui réside en chacun de nous.

Pourquoi le nom My Veganism

Le véganisme est un principe éthique. Ce principe est clair et n'est pas variable selon les personnes. En revanche, la compréhension de ce principe est un cheminement personnel. Votre appropriation de ce principe est unique. La façon dont vous en témoignerez, le transmettrez, sera aussi unique. Ce site est conçu pour vous accompagner sur ce chemin vers un monde juste pour les animaux.

Pourquoi le dialogue est essentiel

Nous avons tous en commun des caractéristiques biologiques et psychologiques inhérentes à notre espèce. Chacun est néanmoins unique, avec son histoire, ses croyances, ses habitudes et ses peurs.

Ce qui distingue un végane d'un non-végane est le regard qu'il porte sur les animaux. Le végane a remis en question le conditionnement spéciste qui lui a été transmis et considère les animaux comme des individus qui ne doivent pas être exploités.

Il est essentiel de se rappeler que, lorsque nous n'étions pas véganes, nous n'étions pas pour autant des personnes moins bien intentionnées. Nous ne percevions simplement pas une injustice majeure que notre éducation, notre culture et notre environnement avaient rendue largement invisible.

Les animaux ne peuvent pas convaincre les humains de changer. Ce sont donc les humains qui doivent convaincre d'autres humains.

Les véganes portent la voix des animaux et inspirent le changement. Les non-véganes qui remettent en question leur vision des animaux deviennent ensuite, à leur tour, des acteurs de cette transformation. C'est donc grâce au travail d'éducation mené par les véganes et au pouvoir de changement des non-véganes que naît l'espoir d'un monde végane.

Cette idée change profondément notre manière d'aborder les autres. Voir les non-véganes comme des adversaires rend le dialogue difficile et compromet la possibilité même du changement. À l'inverse, les aborder avec confiance permet de créer les conditions d'une remise en question sincère.

Le changement authentique ne s'obtient ni par la force ni par l'humiliation. Comme l'écrit Marshall Rosenberg, il s'agit de souhaiter « que les autres changent et réagissent favorablement, mais à la seule condition qu'ils le fassent de leur plein gré et du fond du cœur ».

Une telle démarche demande de croire en la capacité de chacun à évoluer. Elle exige aussi de développer ses compétences pédagogiques afin d'être convaincant et inspirant. Enfin, elle nécessite de la patience : les résultats visibles peuvent mettre du temps à apparaître.

Le changement recherché ne consiste pas à modifier des comportements de consommation. Il s'agit d'une transformation profonde de la manière de voir les animaux, dont découlent ensuite des changements de comportements. Remettre en question un conditionnement reçu depuis l'enfance est un processus qui demande souvent du temps et qui suit un rythme différent pour chacun.

Notre mission, en tant que véganes, est donc de porter la voix des animaux avec constance, patience, respect et bienveillance. Certaines personnes feront évoluer leur regard et porteront ce message à leur tour. D'autres ne changeront peut-être pas immédiatement. Mais elles auront été confrontées à une remise en question de leur vision des animaux. Cette première réflexion pourra devenir le point de départ d'un changement futur.

En pratique

  • Garder à l'esprit que les personnes non véganes ne sont pas mal intentionnées.
  • Comprendre que leurs questions et leurs objections reflètent avant tout une vision spéciste du monde.
  • Critiquer les idées spécistes, jamais la valeur des personnes.
  • Répondre par une argumentation claire, pédagogique et responsabilisante.
  • Rester courtois et bienveillant, tout en sachant être ferme.
  • Lorsque le dialogue devient stérile ou irrespectueux, savoir y mettre fin.

Ressources

Des textes, des définitions et des liens choisis pour leur pertinence. Cette sélection est amenée à évoluer au fil du temps, tout au long de la « vie » du site.

Connaître l'histoire du véganisme, clarifier le sens de certains mots clés, approfondir une notion… sont autant de moyens d'affiner sa compréhension. Une meilleure connaissance permet de remettre en question les idées reçues et de faire évoluer sa réflexion.

Cette section constitue une base pour se former aux fondements du véganisme et un point de repère essentiel pour la mise en pratique de la partie « Entraînement ».

Naissance du véganisme

Aujourd'hui, le mot « véganisme » est souvent associé à un mode de vie sans produits d'origine animale. Pourtant, cette dimension n'est qu'une conséquence pratique d'une idée plus fondamentale qui est au cœur de son origine : la remise en question du droit que l'être humain s'est accordé d'exploiter les animaux.

Le véganisme apparaît au Royaume-Uni dans les années 1940, au sein de la Vegetarian Society.

À cette époque, certains végétariens considèrent qu'il existe une contradiction morale à refuser de manger de la chair animale tout en continuant à consommer du lait et des produits issus de l'exploitation des animaux.

En 1944, Donald Watson était secrétaire de la Leicester Vegetarian Society et un militant végétarien de longue date. C'est depuis cette position qu'il a rassemblé les personnes à l'origine de ce courant végétarien sans produits laitiers ni œufs. La Vegetarian Society refuse la création en son sein d'un groupe spécifique pour ces végétariens « sans produits laitiers ». C'est ainsi que ce groupe fonde The Vegan Society.

C'est à cette occasion que le mot « vegan » est choisi, contraction du début et de la fin du mot « vegetarian ».

Dès l'origine, le mouvement dépasse largement la question alimentaire.

Dans le premier numéro de The Vegan News (1944), les fondateurs écrivent :

« Nous pouvons voir très clairement que notre civilisation actuelle est bâtie sur l'exploitation des animaux, tout comme les civilisations passées étaient bâties sur l'exploitation des esclaves… »

— The Vegan News, 1944

Cette phrase révèle déjà une idée centrale : le problème est la relation entre les humains et les autres animaux.

Le 4e numéro (août 1945) déclarait :

« L'objet de la Vegan Society est de s'opposer à l'exploitation de la vie sentiente, que ce soit profitable ou non de le faire. »

— The Vegan News, 1945

Une autre idée centrale est ici explicitée : la raison du véganisme n'est pas le profit des humains.

La recherche d'une définition

Leslie J. Cross, l'un des principaux penseurs du mouvement, cherche à comprendre précisément ce que signifie le véganisme.

Il écrit en 1949 :

« La nature du développement de la Vegan Society suggère que la définition devrait prendre la forme d'un principe, duquel certaines pratiques découlent logiquement, et non sous la forme d'un ensemble de pratiques ou d'objectifs. »

— Leslie J. Cross, 1949

Cette distinction est fondamentale.

Le véganisme n'est pas défini par une liste d'aliments interdits ou de comportements à adopter. Ces pratiques existent parce qu'elles sont la conséquence d'un principe plus général.

Cross poursuit :

« La recherche d'un tel principe n'est pas une tâche d'invention, mais un voyage de découverte. Le principe existe : notre travail est de le trouver. »

— Leslie J. Cross

Pour lui, le rôle du mouvement n'est pas de créer une nouvelle règle, mais de mettre en lumière une réalité morale déjà présente : si les animaux sont des êtres capables de ressentir, alors leur utilisation comme moyens au service des intérêts humains doit être remise en question.

Le principe découvert

Après plusieurs années, Leslie J. Cross aboutit à la formulation :

« Le véganisme est la doctrine selon laquelle l'être humain doit vivre sans exploiter les animaux. »

— Définition adoptée par la Vegan Society, 1951

Et son objectif est formulé ainsi :

« Mettre fin à l'exploitation des animaux par l'être humain. »

— Vegan Society, 1951

Cette définition transforme profondément la nature du mouvement.

Le véganisme n'est pas une manière de s'alimenter : il est un principe éthique dont découlent différentes applications.

Ainsi, le refus des produits alimentaires issus des animaux, du cuir, de la fourrure, de la chasse, de la vivisection ou de toute autre utilisation exploitante n'est pas le fondement du véganisme : ce sont les conséquences logiques du principe.

Un mouvement de libération

Le véganisme est pensé comme la suite logique de l'abolition de l'esclavage humain.

Pour Leslie J. Cross, le problème fondamental est une croyance : celle selon laquelle l'être humain aurait le droit moral d'utiliser les animaux pour ses propres fins.

Dans The Vegan Story (1955), il résume ainsi l'idée centrale :

« Le véganisme est essentiellement une doctrine de liberté. Il cherche à libérer les animaux de leur asservissement par l'être humain, et l'être humain d'une fausse croyance : celle qu'il a le droit d'utiliser les animaux pour ses propres fins. »

— Leslie J. Cross, The Vegan Story, 1955

Le projet initial du véganisme n'était donc pas de rendre l'exploitation animale plus acceptable ou plus « respectueuse ». Il était de remettre en cause le principe même d'exploitation.

Évolution de la définition vers un mode de vie

Cette définition historique du véganisme a ensuite évolué au sein de la Vegan Society, alors que Leslie J. Cross était décédé.

La définition officielle a été progressivement reformulée pour devenir celle qui est aujourd'hui largement utilisée :

« Le véganisme est une philosophie et un mode de vie qui cherche à exclure, dans toute la mesure du possible et de ce qui est réalisable en pratique, toutes les formes d'exploitation des animaux et de cruauté envers eux, que ce soit pour l'alimentation, l'habillement ou toute autre finalité ; et, par extension, encourage le développement et l'utilisation d'alternatives ne faisant pas appel aux animaux, au bénéfice des animaux, des êtres humains et de l'environnement. »

The Vegan Society, définition en usage depuis l'hiver 1988

La Vegan Society indique que cette définition a été « modifiée et affinée au fil des années » et précise que cette formulation était en usage à partir de l'hiver 1988.

Cette évolution marque un déplacement dans la manière de présenter le véganisme : alors que la définition de Leslie J. Cross plaçait explicitement au centre le principe de l'émancipation des animaux de l'exploitation humaine, la formulation actuelle le présente comme une philosophie et un mode de vie visant à exclure certaines pratiques d'exploitation et à développer des alternatives.

Cette dernière définition est celle qui est unanimement adoptée et ancrée au sein du mouvement « végane ».

Source : Leslie J. Cross, co-fondateur avec Donald Watson du concept « véganisme », relate le cheminement de pensée qui a mené à cette définition dans plusieurs articles regroupés et mis en ligne par Nathan Schneider — candidhominid.com

Concepts de base

Spécisme

Le spécisme est une discrimination fondée sur l'espèce.

On distingue deux sortes de spécismes :

  • Le spécisme anthropocentrique : on considère les animaux comme moralement inférieurs aux humains, en raison de leur appartenance biologique.
  • Le spécisme inter-espèce : on attribue des statuts différents aux animaux selon des critères qui varient suivant nos cultures. Exemple : en occident, les chiens sont des animaux de compagnie qui ont une place au sein des foyers. Les veaux et les vaches sont exploités pour leur viande et leur lait. Les uns sont mis en valeur dans notre société, les autres sont invisibilisés, anonymisés et réduits à des produits alimentaires.

Tous sont la propriété totale et permanente des humains, de qui dépend leur sort.

Nous sommes nourris avec cette croyance depuis notre naissance. Elle est difficilement questionnable. C'est la raison pour laquelle, en toute bonne foi, nous exploitons les animaux.

De manière plus subtile, c'est cette même croyance qui nous amène à raisonner pour les animaux d'une manière que nous ne pourrions accepter si les victimes étaient humaines. Cette croyance s'immisce dans toutes les failles possibles de nos pensées, à notre insu.

Origine : le terme a été introduit en 1970 par Richard D. Ryder, puis popularisé par Peter Singer (Animal Liberation, 1975). Il est construit sur le modèle de « racisme » ou « sexisme ».

Véganisme

La création du terme « véganisme » en 1944 est communément attribuée à Donald Watson, et sa définition a été élaborée par Leslie J. Cross et finalisée en 1951.

« Le mot véganisme signifiera la doctrine selon laquelle l'homme doit vivre sans exploiter les animaux. »

« Le véganisme est un principe : l'homme n'a pas le droit d'exploiter les créatures pour ses propres fins. »

— Leslie J. Cross, "Veganism Defined", World Forum, n°1, vol. 5, été 1951, pp. 6-7.

« L'aspect positif de cette approche négative (la non-exploitation) est la reconnaissance de la liberté — en un mot, l'émancipation. Le véganisme pourrait donc être défini comme "le principe de l'émancipation des animaux d'exploitation par les hommes." »

— Leslie J. Cross, "In Search of Veganism 2", The Vegan, vol. 5, n°3, automne 1949, p. 16.

Ainsi, le véganisme, dans son sens originel, est un principe éthique qui vise à libérer les animaux de l'exploitation humaine.

Lorsque la Vegan Society est devenue une organisation caritative enregistrée en 1979, le Memorandum and Articles of Association ont défini le « véganisme » comme un mode de vie. Cette nouvelle définition vidait le véganisme de son sens éthique. Elle permettait de toucher un plus large public sans remettre en question le spécisme ni exiger une remise en question en profondeur.

Ainsi qu'expliqué sur le site de la Vegan Society, dans un document sur l'histoire du véganisme :

« La vision actuelle de la société est celle d'un monde dans lequel les humains n'exploitent pas les autres animaux. Travaillant à la réalisation de cette vision, notre mission consiste à faire du véganisme une approche facilement adoptée et largement reconnue pour réduire la souffrance des animaux et des humains ainsi que les dommages environnementaux, au moyen d'un dialogue sincère, pacifique et fondé sur les faits avec les individus, les organisations et les entreprises. »

— The Vegan Society, Ripened by Human Determination, p. 8

Voici, dans le tableau ci-dessous, les différences fondamentales entre la définition originelle et sa version « modernisée » largement adoptée aujourd'hui.

Définition originelle — 1951 ✔Définition revue — 1979 ✖
« le principe de l'émancipation des animaux de l'exploitation des hommes. »
« Le mot véganisme signifiera la doctrine selon laquelle l'homme doit vivre sans exploiter les animaux. »
« Le véganisme est un principe : l'homme n'a pas le droit d'exploiter les créatures pour ses propres fins. »
« Le véganisme est une philosophie et un mode de vie qui cherchent à exclure — dans la mesure du possible et du praticable — toutes les formes d'exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour l'alimentation, l'habillement ou tout autre but ; et, par extension, promeuvent le développement et l'usage d'alternatives sans recours aux animaux, dans l'intérêt des animaux, des humains et de l'environnement. Sur le plan alimentaire, il désigne la pratique consistant à se passer de tous les produits issus, en tout ou en partie, des animaux. »
Principe moral, éthique. Philosophie, mode de vie, pratique.
Une seule raison : l'homme n'a pas le droit moral d'exploiter les animaux. Diverses raisons : dans l'intérêt des animaux, des humains et de l'environnement.

Il est important d'avoir à l'esprit, tout au long de votre lecture, cette différence fondamentale, et de vous référer à la définition éthique — la seule qui rejette la discrimination faite aux animaux.

Antispécisme

L'antispécisme est le rejet de toute discrimination fondée sur l'espèce.

Ryder, puis Peter Singer dans Animal Liberation (1975), popularisent l'idée selon laquelle il est moralement injustifié d'accorder moins d'importance aux intérêts d'un individu simplement parce qu'il appartient à une autre espèce.

Chez Singer, l'antispécisme découle de l'utilitarisme.

Dans La Libération animale, Petite Biblio Payot Essais, 2023, p. 55, Peter Singer écrit :

« Les conclusions défendues dans ce livre découlent du seul principe de minimisation de la souffrance. Il est intéressant de noter que cela vaut également pour la conclusion selon laquelle nous devrions, dans la majorité des cas, éviter de consommer des produits d'origine animale. »

— Peter Singer

Cette position ne condamne pas nécessairement toute utilisation des animaux, tant qu'elle ne cause pas plus de souffrance que de plaisir globalement.

Selon Singer, on peut se dire antispéciste sans être végane — si on estime que certaines exploitations animales seraient « moralement justifiées ». Cette vision est largement reprise dans les milieux académiques et médiatiques, où « antispécisme » devient une étiquette intellectuelle, parfois déconnectée de la pratique.

La dissociation entre théorie et pratique (se dire antispéciste mais non végane) vient de plusieurs sources :

  • Influence universitaire : des philosophes comme Singer ont popularisé l'idée d'un antispécisme moral, centré sur les arguments théoriques, sans pour autant rejeter toute exploitation. On peut alors « adhérer à l'idée » sans la mettre en œuvre.
  • Évolution militante : dans les années 2010, le terme antispécisme a été adopté par des mouvements militants cherchant à élargir le discours animaliste à des considérations politiques (abolition, justice sociale, intersectionnalité, etc.). Le terme s'est alors détaché du principe fondateur du véganisme pour devenir une posture philosophico-politique.
  • Perception médiatique : les médias ont souvent présenté l'antispécisme comme un courant intellectuel, tandis que le véganisme était vu comme un mode de vie. Cela a renforcé l'idée que l'on peut être antispéciste « en pensée », sans changer ses pratiques.
Antispécisme selon SingerVéganisme
ThéorieÀ intérêts égaux, les animaux doivent recevoir une considération morale égale, qu'ils soient humains ou non humains.L'exploitation animale est moralement injustifiable
PratiqueOn peut utiliser les animaux si on minimise leur souffranceOn cesse d'y participer
Cohérence moraleThéorie parfois sans pratiqueThéorie et pratique indissociables

Welfarisme

Le welfarisme (de welfare, « bien-être ») est une approche réformiste qui cherche à améliorer les conditions de vie et de mort des animaux exploités, sans remettre en cause l'exploitation elle-même.

Il est fondé sur la croyance selon laquelle la seule question qui importe dans notre relation aux animaux est de préserver leur bien-être et limiter leur souffrance. Les animaux peuvent continuer à être utilisés, pourvu que leurs souffrances soient réduites au minimum.

Exemples : promotion de l'élevage « en plein air », labels de « bien-être animal », campagnes pour une « mise à mort sans douleur ».

Le welfarisme ne questionne pas le fait même d'opprimer les animaux ; il légitime ainsi la domination humaine en la rendant moralement acceptable, sans s'attaquer à la cause première (le spécisme). Cette pensée s'inspire directement du travail du philosophe utilitariste Jeremy Bentham, puis de celui de Peter Singer.

Néo-welfarisme

Le néo-welfarisme désigne une approche stratégique selon laquelle des réformes welfaristes, ou visant l'abolition de certaines pratiques, conduiraient graduellement vers la fin de l'exploitation animale.

Cette stratégie s'appuie sur l'idée que des réformes inscrites dans une « logique spéciste » seraient des avancées vers un monde non spéciste. En clair, selon cette logique : en multipliant les réformes promouvant le welfarisme (donc l'exploitation des animaux d'une manière différente), l'abolition de l'exploitation des animaux adviendrait.

Le biais de cette stratégie réside dans le fait qu'elle se base sur une compréhension erronée du véganisme, résumé à un ensemble de pratiques. L'idée est d'arriver progressivement à « guider » les gens vers un changement de pratiques en invoquant des raisons diverses et en proposant des objectifs consensuels qui ne remettent pas en question le spécisme. Ce guidage mènerait à ce qu'à un instant T, un « switch » de mentalité se ferait et que plus personne ne consommerait d'animaux, ayant compris la nécessité d'être végane. Ce switch reste très nébuleux et sans fondement : il se base sur la croyance que des moyens moralement incompatibles peuvent produire un résultat moralement juste.

Cette approche a pour conséquence de conforter les non véganes dans leur conviction de consommer des animaux de manière « éthique ». Ils n'ont donc aucune raison de devenir végane : ils font déjà leur part.

Végétarisme

Le végétarisme désigne un mode de vie qui accepte toutes les formes d'exploitation animale sauf celle de la chair pour la consommation alimentaire. Il est adopté pour diverses raisons : la santé, l'environnement, la culture, la religion…

Certains disent être végétariens pour les animaux. Toutefois, à l'exception de leur chair, ils consomment des produits issus de leur exploitation. Cela révèle une méconnaissance de leur propre responsabilité.

Flexitarisme

Le flexitarisme est un régime alimentaire visant à réduire la consommation de produits animaux, pour diverses raisons, tout en continuant à en consommer. Sa dénomination « flexible » lui confère une caractéristique de flexibilité qui peut être perçue positivement.

Reduccétarianisme

Le reduccétarianisme (de reduction + vegetarian) consiste à réduire la consommation de produits animaux pour des raisons diverses, tout en continuant à en consommer. Le reduccétarianisme revendique une dynamique de réduction.

Utilitarisme

L'utilitarisme est une théorie morale selon laquelle l'action juste est celle qui maximise le bonheur ou minimise la souffrance du plus grand nombre.

Il a été formulé à l'origine par Jeremy Bentham (18ᵉ siècle), et popularisé dans la question animale par Peter Singer.

Le raisonnement est le suivant : les animaux sont capables de souffrir, leurs intérêts doivent être pris en compte dans le calcul du bien-être du plus grand nombre. Cependant, l'utilitarisme n'a pas de base éthique car il ne reconnaît pas les droits fondamentaux des animaux. On peut donc assassiner les animaux si l'on juge que c'est profitable globalement à la société.

Tolérance

Attitude de celui qui cherche à comprendre et à respecter les différences dans la mesure où elles ne causent pas de tort grave ou ne violent pas des principes fondamentaux.

Pour aller plus loin

Ma sélection personnelle : des livres, des vidéos et des liens pour continuer d'explorer.

Couverture du Guide du véganisme, Jérémie Lopez Couverture du Guide de l'activisme végane, Jérémie Lopez

Jérémie Lopez

Éducateur végane, fondateur de l'association Vegan for Justice et de la maison d'édition Vegan Education Publishing.

Le Guide du véganisme et Le Guide de l'activisme végane — deux guides présentés sous forme de questions-réponses pour comprendre de A à Z ce qu'est le véganisme et l'importance de l'éducation végane. Très fouillés et pédagogiques, ces deux guides sont pensés pour être des outils pratiques et puissants pour construire un monde où les animaux sont libres.

Jérémie Lopez a créé le concept de Principe d'Éducation Exponentielle, et ce ne sont pas des mots en l'air. Il exprime la puissance de l'éducation végane et porte un immense espoir pour les animaux.

Mais cette puissance ne peut se réaliser qu'à travers une éducation rigoureuse, fondée sur un message pédagogique et sans compromis sur le véganisme comme base morale minimum. Tout le travail de Jérémie est consacré à cette éducation. Je souhaite aujourd'hui en transmettre les enseignements à mon tour.

« Convaincre les gens un à un, ou par groupes, peut sembler être une tâche sans fin. Pourtant, en appliquant le principe d'éducation exponentielle, ce n'est pas le cas. Si chaque végane convainquait une personne de devenir végane chaque année, le monde pourrait théoriquement devenir végane en 24 ans. »

— Jérémie Lopez

Vous trouverez également davantage de matériel pédagogique sur ses réseaux sociaux : Facebook @jeremievegane · Instagram @veganforjusticeofficial · YouTube @JérémieVégane

Capture du site The Abolitionist Approach de Gary L. Francione

Gary L. Francione

Professeur de droit et titulaire de la chaire Nicholas de B. Katzenbach Scholar of Law à la faculté de droit de l'Université Rutgers à Newark. Il est co-directeur du Rutgers Animal Rights Law Center et auteur de Animals, Property, and the Law (Les animaux, la propriété et le droit, Temple University Press).

Site : The Abolitionist Approach

Article : Why I Did Not Sign the Montreal Declaration on Animal Exploitation

Si vous souhaitez découvrir la pensée de Gary Francione, je vous recommande l'ensemble de son site. J'ai choisi cet article dont j'ai extrait la citation ci-dessous car elle reflète bien, selon moi, le cœur et l'esprit de son travail.

« Un point central de mon travail depuis les années 1990 est que le mouvement pour les droits des animaux a échoué parce qu'il a dissocié les moyens de la fin recherchée, en proposant des moyens qui ne sont pas adaptés à l'objectif d'abolir l'utilisation des animaux. J'ai soutenu que des moyens tels que les réformes du bien-être animal ou les campagnes ciblant des problèmes particuliers ne contribuent pas seulement à l'objectif d'abolir l'utilisation des animaux, mais qu'ils sont en réalité contre-productifs, car ils rendent les gens plus à l'aise avec le fait de continuer à participer à l'exploitation animale et contribuent ainsi à sa perpétuation. Ma position a toujours été — et reste — que le véganisme, c'est-à-dire le fait de ne pas utiliser les animaux pour l'alimentation, les vêtements, les produits de soins personnels, la recherche et la médecine, le divertissement, etc., dans toute la mesure du possible, constitue un moyen nécessaire et non négociable pour atteindre l'objectif d'abolir l'utilisation des animaux. »

— Gary L. Francione
Couverture du livre Les mots sont des fenêtres, Marshall B. Rosenberg

Marshall B. Rosenberg

Créateur de la Communication NonViolente (CNV). Marshall Rosenberg a élaboré cette approche de la communication et a travaillé dans le monde entier comme médiateur et formateur. Il a fondé en 1984 le Center for Nonviolent Communication, une organisation internationale à but non lucratif.

Les mots sont des fenêtres (ou bien ils sont des murs) — Éditions La Découverte. Une initiation à la Communication NonViolente.

Conférence : Derrière chaque jugement, un besoin — Marshall Rosenberg

Dans cette courte vidéo, Marshall Rosenberg explique avec humour l'importance de créer du lien avec son interlocuteur et les méfaits d'une communication jugeante.

Image du documentaire Dominion

Dominion

Documentaire (version française)

Incontournable pour avoir une idée de la réalité quotidienne des animaux dits d'élevage.

Avertissement — les images montrées représentent des pratiques standards, et non des cas isolés.

Complément d'information — la seule solution qui respecte les animaux, c'est être végane, c'est-à-dire ne plus exploiter les animaux. Chercher à les exploiter de manière plus douce, c'est toujours les considérer comme des esclaves. Cela ne mettra jamais fin à cette immense injustice.

Extrait du documentaire Cowspiracy

Cowspiracy

Documentaire — visionnable sur Netflix.

Ce documentaire veut dénoncer l'impact environnemental de l'industrie de l'exploitation animale. Il n'est aucunement question de véganisme.

J'ai toutefois souhaité vous partager un passage que je trouve particulièrement parlant : entre 1 h 08 min 45 s et 1 h 12 min, l'auteur du documentaire, dans sa logique environnementaliste, pense qu'il serait durable pour la planète de réduire drastiquement la consommation de produits animaux et se dit qu'élever quelques animaux dans une cour serait une solution. Il se rend donc chez un « petit exploiteur » qui possède 42 canards.

Dans cette séquence, nous avons l'illustration de ce que certains appellent « élever dans de bonnes conditions » et « tuer humainement ». Nous pouvons voir que le problème n'est pas le traitement, ni l'absence de souffrance.

Articles

J'ai plaisir à vous partager quelques réflexions. C'est souvent le matin que mes idées prennent naissance : je crois que, la nuit, elles se décantent pour m'apparaître plus clairement au réveil.

Ces articles abordent des questions fondamentales liées au véganisme. J'espère qu'ils vous parleront et vous donneront matière à réflexion.

N'hésitez pas à me faire part de votre avis.

Les pièges, biais…

1. Le piège du spécisme

Nous vivons dans un monde spéciste. Nous naissons, grandissons et vieillissons avec la croyance, jamais remise en question, que nous sommes supérieurs aux animaux. Cette façon de voir les animaux est dans notre « nature ». Nos parents, nos éducateurs… nous l'ont transmise. Ils l'ont eux-mêmes reçue de leurs parents, de leurs éducateurs… et, pour la grande majorité d'entre nous, nous la transmettrons à notre tour à nos enfants. Nous perpétuons ainsi un cercle de violence que nous ne voyons même pas.

Puis un jour, une parole, une image, une question… et cette croyance se fissure. L'injustice nous apparaît et nous décidons de rompre ce cercle de violence. Il ne passera plus par nous. Nous voulons désormais porter la voix de ceux que nous avons si longtemps opprimés.

Mais nous oublions que nous avons été élevés dans le spécisme toute notre vie et que nous sommes immergés dans un monde de pensées spécistes, entourés de penseurs spécistes. Pourquoi notre manière de raisonner échapperait-elle soudainement à ce conditionnement ?

Lorsque j'ai découvert le principe éthique du véganisme, j'ai compris que, malgré ma pratique végane, ma vision des animaux était encore biaisée. Je m'étais laissé piéger par le spécisme tout en me croyant végane.

Quel végane ne parle pas de santé ou de bénéfices écologiques pour motiver son auditoire ? Quel végane ne dit pas : « C'est bien, c'est mieux que rien ! » lorsqu'une personne souhaite diminuer sa consommation de produits animaux ? Quel végane ne voit pas le végétarisme comme une étape vers le véganisme ?

C'était tout à fait mon cas. Pas vous ?

Pourtant, mettre en avant les bénéfices sanitaires ou écologiques comme motivation pour devenir végane est spéciste. Dire que diminuer la consommation de viande constitue une avancée pour les animaux est spéciste. Voir le végétarisme comme une étape nécessaire vers le véganisme est spéciste.

J'ai appris, ces dernières années, que le spécisme est souvent tapi derrière nos pensées « véganes ». Tel un illusionniste, il se fait passer pour une bonne idée pour les animaux. C'est là tout son piège : il nous fait croire que nous agissons pour leur libération alors que nous continuons, sans le voir, à promouvoir des raisonnements qui perpétuent leur exploitation.

C'est ainsi qu'avec effarement, je vois de nombreuses organisations ou personnalités « véganes », ayant pignon sur rue, défendre des solutions et des stratégies qui, en réalité, promeuvent l'exploitation des animaux. Elles sont reconnues pour les défendre, elles sont influentes, et pourtant elles diffusent des idées spécistes !

Le discernement est la clé. Discerner les actions spécistes des actions véganes et ne promouvoir que ces dernières : c'est à cette seule condition que les animaux seront un jour libérés de notre oppression. Faire autrement, c'est les condamner à jamais.

Catherine FRACHISSE — 4 août 2026

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Les pièges, biais…

2. Les erreurs fondamentales du « c'est mieux que rien »

La croyance selon laquelle faire quelque chose « pour » les animaux « c'est toujours mieux que rien » semble si évidente et intuitivement logique qu'elle est pratiquement devenue un dogme de base du mouvement végane.

On la retrouve sous différentes formulations :

  • C'est toujours mieux que rien.
  • Agir est mieux que ne rien faire.
  • Toute action est bonne à prendre.
  • Chaque petite action compte.

Cette croyance nous conduit aux corollaires suivants :

  • On a besoin de toutes les forces vives.
  • Il ne faut critiquer personne.
  • Il faut être tolérant.
  • Il faut rester unis.
  • Etc.

Cette croyance, si fortement ancrée, repose sur un faux dilemme associé à une confusion.

Elle nous met en face d'une alternative :

  • ne pas agir ;
  • agir.

Ici, « agir » englobe toutes les actions, du moment qu'elles vont dans un sens « bénéfique » pour les animaux. Ce bénéfice est souvent assimilé à une diminution du nombre d'animaux exploités ou de leur souffrance durant leur exploitation.

Or, considérer ces actions comme positives témoigne d'une compréhension erronée et encore spéciste du véganisme (cf. article 1). Nous confondons ce que nous croyons être bien et ce qui est juste pour les animaux.

Cette confusion altère notre discernement et permet le paradoxe suivant : nous savons qu'il ne faut pas exploiter les animaux, mais notre approche du véganisme, centrée sur la pratique plutôt que sur l'éthique, rend acceptable à nos yeux d'admettre l'exploitation des animaux, du moment qu'elle est « moins pire ».

Ce dogme du « mieux que rien » doit sa force à notre manque de formation sur ce qu'est le véganisme tel qu'il a été défini à son origine. Nous n'avons alors pas les moyens d'envisager le véganisme comme un minimum éthique à requérir.

Nous restons dans la vision d'un mode de vie adopté pour diverses raisons, plutôt que dans celle d'un changement de notre relation aux animaux fondé sur une raison morale.

Cette lacune nous conduit à percevoir un discours plus radical (de « radix » : « racine », qui va à la racine) comme « extrémiste ».

Dans cette vision, déconnectée de la morale, nous acceptons, les yeux fermés, ce que nous ne devrions jamais accepter : soutenir et défendre des actions qui perpétuent l'exploitation des animaux sous une forme différente, aménagée, plus douce.

En revanche, lorsque nous sommes au clair avec la dimension éthique du véganisme, nous rejetons toute action qui perpétue l'exploitation des animaux, sans exception : c'est précisément ce que signifie le véganisme.

Le véritable choix ne se limite donc pas à « agir » ou « ne pas agir ». Ce qui manque à cette alternative, c'est la manière dont nous agissons et le principe qui guide notre action. Trois possibilités se présentent alors :

  • Ne pas agir. Ne rien entreprendre pour défendre les animaux.
  • Agir sans discernement. Considérer comme positive toute action qui diminue la consommation de produits animaux ou la souffrance des animaux durant leur exploitation, bien qu'elle accepte ou perpétue leur exploitation.
  • Agir avec discernement et sans compromis pour les animaux. Promouvoir la fin de l'exploitation et rejeter toute action qui ne le fait pas directement et clairement.

C'est la troisième option que le véganisme requiert. Le véganisme, en tant que principe de libération des animaux de l'oppression des humains, nécessite de savoir faire le tri entre ce qui est végane et ce qui ne l'est pas.

Agir, sans faire cette distinction, peut paraître positif. Cela explique pourquoi le « c'est mieux que rien », c'est si solidement ancré dans le mouvement végane. C'est un piège, car, de cette manière, le principe même de l'exploitation des animaux n'est jamais remis en question.

Mais comment met-on fin à l'exploitation animale sans remettre radicalement en question le principe même de cette exploitation ?

Pour illustration, voici un exemple :

Dans une société où les enfants sont maltraités, leurs défenseurs ont différentes approches. Certains organisent une action pour inciter les parents à les maltraiter un jour de moins par semaine.

Diriez-vous « c'est mieux que rien », « il ne faut pas critiquer » ou diriez-vous que les enfants doivent être respectés sans exception et que c'est le minimum à exiger des parents ?

En conclusion :

Non, agir n'est pas toujours mieux que rien.

Agir peut même être pire : laisser entendre que les humains auraient encore le droit d'exploiter les animaux tout en prétendant les défendre a une conséquence tragique : empêcher les non véganes de comprendre la nécessité du véganisme.

La fin de l'exploitation des animaux reste ainsi hors de portée.

Notre mission est d'agir avec le message et les actions justes.

Catherine FRACHISSE — 15 août 2026

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Entraînement

Comprendre ce qu'est le véganisme et, plus encore, apprendre à porter la voix des animaux nécessitent du travail et de la rigueur.

Une partie de ce travail consiste à s'entraîner à construire une argumentation juste, quelles que soient les circonstances. Ces exercices sont inspirés de discussions menées lors de sessions de rue ou sur les réseaux sociaux. Vous pourrez vous entraîner à répondre aux questions et aux objections les plus fréquentes.

Au fil des échanges, je partagerai ce que j'ai appris au cours de mon propre cheminement. Ce cheminement m'a progressivement conduite à voir clairement les réponses qui sont justes pour les animaux. Je vous invite à les examiner avec exigence, à les questionner honnêtement et à les confronter à vos propres convictions.

Chacun est invité à s'exprimer librement. Les divergences d'opinion sont les bienvenues, à une seule condition : échanger avec respect.

Autour d'une image

Et vous ? Que voudriez-vous répondre à ces personnes ? Quel conseil donneriez-vous ? Ou quelle question voudriez-vous soulever ?

Une famille et un éducateur végane en bord de mer.

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Une femme végane et un homme en discussion sur un marché.

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Les véganes tuent plus d'animaux.

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Une manifestation végane dans la rue, avec des pancartes « Non à l'élevage intensif », « Stop corrida », « Fermeture des abattoirs » et une banderole « La planète brûle ! Go vegan ! »

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Au fil de la conversation

Êtes-vous d'accord avec les propos tenus ? Comment continueriez-vous cet échange ? Avez-vous des doutes ? Faites-nous part de vos arguments, de vos questions...

Commentaire de Jean Veuplusse : « Durant toutes mes années de véganisme, j'ai constaté que beaucoup de personnes acceptent le véganisme à partir de perspectives différentes, et souvent, ceux qui viennent d'abord pour la santé finissent par comprendre l'aspect moral avec le temps. Ce qui compte au final, c'est que les animaux non tués pour la nourriture se moquent des raisons : seul le fait de ne pas être tués compte pour eux. »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Commentaire d'Alex Térieur : « Un petit poulailler avec des poules qui sont en semi liberté, on peut manger les œufs. On n'agresse pas les poules, pas plus que les apiculteurs avec le miel. Je consomme un peu de fromage. Le lait, tant que l'animal n'est pas exploité et le petit laissé à la mère, peut servir à fabriquer des fromages à petite échelle. Les discours extrémistes ne mènent jamais à rien de bon. »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Ce que les autres en ont dit

Commentaire : « Le véganisme est le moyen le plus cohérent de ne plus participer à l'exploitation animale. Mais nous sommes dans une période de transition. Rien n'est vraiment adapté pour sortir de siècles de domestication et de dépendance. »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Ce que les autres en ont dit

Commentaire : « Notre responsabilité est de protéger les animaux, de les soigner et de ne plus les exploiter. »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Commentaire : « Je suis végane pour le climat ! »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Ce que les autres en ont dit

Commentaire : « La souffrance fait partie de la vie, pour toutes les espèces, humain compris. Pensez-vous que les animaux sauvages ne souffrent pas ? »
[Texte provisoire] Voici la réponse originale qui avait été donnée dans cet échange.

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Ce que les autres en ont dit

Dit comme ça...

J'avais envie de vous le dire comme ça. Et vous ? Qu'en dites-vous ?

Dessin : une personne dit « Je suis végane pour la planète. » Une autre demande : « Alors on peut utiliser les animaux quand c'est bon pour la planète ? »

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Ce que les autres en ont dit

Dessin : une personne dit « Je suis végane pour la santé. » Une autre demande : « Alors on peut utiliser les animaux quand c'est bon pour la santé ? Tu portes des pulls en laine ? »

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Ce que les autres en ont dit

Dessin : une personne dit « Je suis végane par justice. » Une autre répond : « Oui, je comprends. Il est injuste de s'approprier la vie d'autrui, quelle que soit son espèce et quelle que soit la manière. »

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Ce que les autres en ont dit

Dessin : une personne dit « Il faut mettre fin à l'élevage intensif. » Une autre demande : « Alors on peut consommer les animaux s'ils sont exploités artisanalement ? »

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Ce que les autres en ont dit

Dessin : une personne dit « Je suis végétarien·ne depuis quelques années, mais maintenant je voudrais franchir le pas et arrêter totalement d'exploiter les animaux. Des conseils ? » La foule répond : « Ne soyez pas trop dur avec vous-même. Avancez à votre rythme. » Dessin : une personne dit « J'ai arrêté de violer les femmes depuis quelques années, mais maintenant je voudrais franchir le pas et arrêter totalement de les violenter. Des conseils ? » La foule répond : « Vous êtes un malade ! Arrêtez tout de suite. »

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Un espace pour tout retour, remarque ou question sur le site, en dehors des exercices d'entraînement. Ces messages sont privés : ils me sont adressés directement, ils ne sont pas affichés sur le site.

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